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La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada : une voix qui rassemble depuis 1975
C’était en 1975. Fortement préoccupées par l’étendue des luttes à mener pour assurer la survie et le développement des communautés qu’elles représentent, les neuf associations francophones porte-parole provinciales se dotent d’un outil national pour poursuivre leurs revendications auprès du gouvernement fédéral : la Fédération des francophones hors Québec (FFHQ) était née.
Dès sa fondation, la FFHQ reçoit un mandat clair : celui d’agir politiquement afin que les communautés francophones du pays disposent des moyens dont elles ont besoin pour se développer et s’épanouir. Tout au long de ses 50 années d’existence, elle consacrera une bonne partie de ses ressources à cette mission. Elle multipliera les représentations auprès du gouvernement fédéral, sous les projecteurs et en coulisses. Elle mettra tout son réseau à contribution et se servira abondamment des médias. Son message restera toujours le même : les communautés francophones hors Québec constituent un élément clé de la dualité canadienne et tout doit être mis en œuvre pour assurer leur vitalité.
Les luttes menées par la Fédération, ses innombrables prises de position sur des enjeux stratégiques, son action politique à l’avant et à l’arrière-scène ont mené à des avancées notoires. L’adoption d’un premier Plan d’action pour les langues officielles en 2003, après 30 ans de démarches, en constitue une preuve éloquente. La Fédération a aussi été entendue lors de la première révision de la Loi sur les langues officielles en 1989 – on lui ajoute un engagement du gouvernement à favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada – puis en 2005, avec des modifications aux articles VII et X de la Loi pour renforcer cet engagement. Enfin, la FCFA obtient une nouvelle modernisation de la Loi en juin 2023, avec l’inclusion d’un cadre de responsabilisation et de reddition de comptes, une de ses exigences phares.
La francophonie canadienne dispose aujourd’hui de réseaux d’intervention dans plusieurs domaines : la petite enfance, la culture, l’économie, la santé, les médias, la justice, l’immigration. La capacité de la Fédération à mobiliser ce réseau pour qu’il parle d’une voix forte et unie, et les partenariats qu’elle a développés avec lui dans une diversité de sphères d’intervention, font aussi partie de son histoire.
Aux premières loges: Gilles Provost, pionnier du théâtre professionnel à Ottawa-Gatineau
Gilles Provost, acteur, metteur en scène, scénographe, pédagogue et directeur artistique bien connu de la région d’Ottawa-Gatineau, est présent dans le milieu théâtral depuis plus de 60 ans. Il a véritablement été aux premières loges du développement des arts de la scène dans la région de la capitale nationale, fondant de nombreuses compagnies et participant activement à la professionnalisation des pratiques théâtrales au cours des années 1960 et 1970.
Mouvement C'est l'temps!
Au temps de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme initiée par le gouvernement fédéral (1963-1971), les provinces majoritairement anglophones sentent aussi le besoin de réagir aux revendications des minorités francophones et à la montée du nationalisme québécois. Les neuf provinces anglophones apportent des réformes plus ou moins marquées dans le domaine de l'éducation des minorités francophones et tentent de garantir un meilleur accès à l'enseignement en français, langue seconde. Le Nouveau-Brunswick enchâsse le principe du bilinguisme à l'échelle provinciale. L'Ontario ne suit pas l'exemple néo-brunswickois, mais le premier ministre conservateur John Robarts, initie certaines mesures pour la population francophone. En 1965, il crée un comité de coordination des services en français, l'Advisory Committee on French Language Services. Il permet également l'usage du français à l'Assemblée législative. En 1967, il autorise la création d'écoles secondaires publiques de langue française. En 1971, son successeur conservateur, William «Bill» Davis, réitère l'importance d'offrir plus de service en français.
Le gouvernement ontarien prépare alors une toute première politique relative à la traduction de documents officiels en français destinés au public francophone. Trois ans plus, le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes est créé.
Ce n'est pas assez. Et les réformes sont trop lentes. Le mouvement C'est l'temps! voit le jour en 1975 et se charge de faire pression sur le gouvernement ontarien, sur le Procureur Général Roy McMurtry et sur le premier ministre Davis, pour qu'ils tiennent la promesse du 3 mai 1971 d'offrir des services en français. Plus particulièrement, le mouvement C'est l'temps! revendique le «droit fondamental des Franco-Ontariens de s’exprimer librement – c’est-à-dire sans traducteur interposé – devant les tribunaux de leur province». Il demande de rendre les codes civil et criminel de la province accessibles en français, «comme ils le sont d’ailleurs au Québec et au Nouveau-Brunswick». Dans sa quête, il est soutenu par l’Association canadienne-française de l’Ontario, la Fédération des femmes canadiennes-françaises et l’Association des enseignantes et des enseignants francophones de l’Ontario.
Premier mouvement de désobéissance civile en Ontario depuis la contestation du Règlement XVII, le mouvement C’est l’temps! (1975-1977) est l’oeuvre d'une jeunesse franco-ontarienne qui s'impatiente devant la lenteur des progrès en matière de services en français. Ces jeunes, dont plusieurs seront emprisonnés, se battent à coup d’échanges épistolaires, d’articles dans les journaux et de rencontres avec les hauts dirigeants de la province. Ces mobilisations ont constitué une première étape vers l’accès des francophones à une justice en français en Ontario et au Canada.
Les manuels scolaires et la communauté francophone minoritaire de l'Ontario
Le manuel scolaire occupe une place privilégiée en éducation, à la fois par sa position stratégique et par l’influence qu’on lui attribue. L’auteur d’un manuel scolaire définit en effet comment chaque groupe y est représenté. Puisque le gouvernement doit approuver quel manuel est utilisé dans la salle de classe, l’information qui y est présentée est donc perçue par l’apprenant comme étant la version « officielle » des faits.
Parallèlement aux luttes qu’ils ont menées afin de créer un système d’écoles francophones en Ontario, les Franco-Ontariens se sont aussi affairés à la rédaction, la production et la distribution de manuels scolaires. Le manuel scolaire est non seulement un outil de transmission des savoirs, mais aussi de construction de la mémoire collective.
Le catalogue de la collection de manuels scolaires utilisés par les francophones sur le territoire de l’Ontario (MASCOFO) offre aux chercheurs la possibilité d’étudier et d’analyser l’évolution des manuels présents dans les écoles de la minorité. Cette collection rassemble 2 497 ouvrages publiés de 1730 à 1994.
Cette exposition aborde différents thèmes liés à la réglementation des manuels scolaires en français en Ontario, la rédaction de manuels en français et la distribution de ces manuels. À travers les exemples de manuels de la collection MASCOFO présentés dans cette exposition ainsi que les documents d’archives servant à contextualiser leur évolution, nous désirons éveiller la curiosité de chercheurs et d’étudiants diplômés aux possibilités de recherche qu’offrent les manuels scolaires.
SOS Montfort
« ÊTRE FRANCOPHONE, C’EST UN EFFORT DE CHAQUE JOUR »
John Ralston Saul
De 1997 à 2002, le mouvement SOS Montfort s’opposera à la fermeture de l’Hôpital Montfort d’Ottawa, le seul hôpital francophone universitaire de l’Ontario. Le mouvement est formé en riposte à la décision de la Commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario (CRSS) de fermer l’hôpital et rallie rapidement la communauté franco-ontarienne à sa cause. Au terme de cinq années de rassemblements, de négociations, de lobbying et de bataille judiciaires, ce mouvement obtiendra finalement gain de cause face au gouvernement de l’Ontario.
Les archives du Canada français: d'une frontière à l'autre
Que signifie exactement le terme « frontière »? Par définition, il s’agit d’une simple limite qui détermine l’étendue d’un territoire ou qui sépare deux États. La frontière est alors une barrière, une borne ou une démarcation, très visible sur les cartes géographiques et les atlas de ce monde. Elle peut être naturelle, à l’image du cours d’eau ou de la chaîne de montagnes qui sépare deux pays, ou artificielle, conclue par un traité entre deux nations. En élargissant le concept, la frontière devient plurielle et délimite non seulement un territoire, mais toutes choses qui diffèrent ou qui s’opposent. Ainsi, les frontières se veulent à la fois territoriales et politiques, culturelles et linguistiques, sociales et économiques. Certains conçoivent même des frontières symboliques, identitaires, voire imaginaires…
Cette exposition vous invite à explorer les différentes frontières qui mettent en relief l’originalité et la diversité du Canada français, en puisant dans quarante fonds d’archives d’organismes et d’individus franco-canadiens, conservés au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa. Afin de pérenniser leur mémoire, ces organismes et ces individus ont choisi de confier leur patrimoine documentaire au CRCCF. La réception d’un document aux archives représente en soi la traversée d’une frontière, soit le passage de sa vie active à sa vie historique. Le CRCCF devient ainsi un véritable lieu frontalier. Appelées aujourd’hui à raconter leur histoire, les archives traversent le temps pour venir à notre rencontre et tracent une ligne entre ce qui constitue le passé – ce dont elles témoignent – et le présent, d’où nous les interprétons.
