Les archives vues comme des frontières....
Si les archives peuvent être vues comme des frontières entre le passé et le présent, elles séparent également la vie publique de la vie privée. En transgressant cette frontière, en passant du public au privé, l'historien reconstruit une histoire plus complète et inclusive.
Que signifie exactement le terme « frontière »? Par définition, il s’agit d’une simple limite qui détermine l’étendue d’un territoire ou qui sépare deux États. La frontière est alors une barrière, une borne ou une démarcation, très visible sur les cartes géographiques et les atlas de ce monde. Elle peut être naturelle, à l’image du cours d’eau ou de la chaîne de montagnes qui sépare deux pays, ou artificielle, conclue par un traité entre deux nations. En élargissant le concept, la frontière devient plurielle et délimite non seulement un territoire, mais toutes choses qui diffèrent ou qui s’opposent. Ainsi, les frontières se veulent à la fois territoriales et politiques, culturelles et linguistiques, sociales et économiques. Certains conçoivent même des frontières symboliques, identitaires, voire imaginaires…
Cette exposition vous invite à explorer les différentes frontières qui mettent en relief l’originalité et la diversité du Canada français, en puisant dans quarante fonds d’archives d’organismes et d’individus franco-canadiens, conservés au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa. Afin de pérenniser leur mémoire, ces organismes et ces individus ont choisi de confier leur patrimoine documentaire au CRCCF. La réception d’un document aux archives représente en soi la traversée d’une frontière, soit le passage de sa vie active à sa vie historique. Le CRCCF devient ainsi un véritable lieu frontalier. Appelées aujourd’hui à raconter leur histoire, les archives traversent le temps pour venir à notre rencontre et tracent une ligne entre ce qui constitue le passé – ce dont elles témoignent – et le présent, d’où nous les interprétons.

