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Catalogue CRCCF

Frontière artistique: écrire en Ontario français

La création de la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (CANO) au début des années 1970 marque un tournant dans l’histoire de la littérature franco-ontarienne. Jusqu’alors tournée vers les romans et les poèmes canadiens-français, majoritairement québécois, la scène artistique en Ontario français verra apparaître de nouveaux auteurs, comme Patrice Desbiens et Jean Marc Dalpé, forts d’une culture et d’un langage bien à eux. De nouvelles maisons d’édition, consacrées à la publication d’oeuvres franco-ontariennes, verront également le jour, dont la première, les Éditions Prise de parole, en 1973.

Cérémonie de la remise du Prix Trillium au récipiendaire Maurice Henrie (extrême gauche) pour Un Balcon dans le ciel, avec à sa droite les finalistes, Margaret Atwood, Marilyn Mushinski et Wayson Choy, Toronto, 1996. Photographe: Queen’s Printer for Ontario. CRCCF, Fonds Maurice Henrie (P373), P373-Ph306-1/6.

En 1994, le gouvernement de l’Ontario reconnaîtra d’ailleurs l’importance de la littérature franco-ontarienne en créant le Prix littéraire Trillium. Naviguant entre Hull, Ottawa et le Nord de l’Ontario, les écrits de Pierre-Raphaël Pelletier, de Daniel Poliquin et de Gaston Tremblay permettent ainsi à tous ceux qui se définissent comme Franco-Ontariens de se forger une identité bien distincte à travers une littérature qui cherche avant tout à mettre à l’avant-plan la réalité franco-ontarienne, et dont l’originalité et la créativité ne cessent de se renouveler.

Les Franco-Ontariens montent sur scène

En 1970-1971, la troupe universitaire de l’Université Laurentienne à Sudbury met en scène la création collective « Moé j’viens du Nord ’stie », qui partira en tournée dans le Nord de l’Ontario. Jouée en pleine «révolution culturelle » franco-ontarienne, la pièce se veut le miroir de la réalité des francophones de l’Ontario de l’époque. Devant le succès de la pièce, certains des étudiants et chargés de cours – dont André Paiement, Pierre Bélanger et Robert Paquette – décident de créer le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) en 1971.

Donnant naissance au théâtre franco-ontarien de création, le TNO deviendra le modèle dont s’inspireront les autres troupes créées au cours de la décennie. L’idée de promouvoir l’identité franco-ontarienne et de s’exprimer dans un vernaculaire dit franco-ontarien sera ainsi reprise par Théâtre Action en 1972 et le Théâtre d’la Corvée en 1975. André Paiement est considéré par plusieurs comme le père de la dramaturgie franco-ontarienne et son oeuvre a modelé la majeure partie des pièces théâtrales des années 1980 et 1990, dont celles de Michel Ouellette.