Frontière naturelle: les rivières de la région
Dans la région de la capitale nationale, la rivière des Outaouais, la rivière Gatineau et la rivière Rideau ont longtemps joué un rôle de frontière géographique entre les différents villages environnants ou entre les différents quartiers d’une même ville. Paraissant souvent infranchissables, ces obstacles fluviaux ont toutefois largement contribué au développement économique de la région –notamment pour l’industrie forestière – en permettant la drave et la construction de barrages hydroélectriques. Confrontés à ces barrières naturelles, les Canadiens se sont montrés particulièrement ingénieux, comme le démontre la construction du canal Rideau.
Afin de relier plus facilement Montréal et les Grands Lacs, l’un des plus imposants chantiers de construction de l’époque est entrepris entre 1827 et 1832 par le colonel John By à Ottawa. S’étirant sur 202 kilomètres, avec 47 écluses, il a sollicité le labeur de 6 000 travailleurs, en majorité Canadiens français. À cette époque, le bateau est roi et les traversiers abondent pour franchir les cours d’eau. À partir de la fin du XIXe siècle, plusieurs ponts seront cependant construits pour relier plus facilement la province de Québec et celle de l’Ontario : le pont des Chaudières (1828), le pont ferroviaire Prince de Galles (1880), le pont Alexandra (1901), le pont Champlain (1928), le pont Macdonald-Cartier (1965) et le pont du Portage (1973). Si l’homme a toujours tenté de maîtriser les rivières, les crues printanières d’hier comme d’aujourd’hui lui rappellent toutefois sa propre fragilité.

