Frontière culturelle: être francophone en contexte minoritaire
La frontière devient culturelle lorsqu’elle sépare deux aires où les traditions, les coutumes et les langues diffèrent. Elle se ressent entre autres en Acadie, près des États-Unis ou dans les communautés francophones hors Québec. L’histoire a souvent démontré que cette frontière peut être très poreuse, comme ce fut le cas lors de l’exode des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre au XIXe et au début du XXe siècle. Devant la pénurie de terres agricoles, près d’un million d’agriculteurs canadiens-français vont migrer vers les villes manufacturières du Maine, du Vermont, du New Hampshire et du Massachusetts, entre 1840 et 1930. De vastes réseaux vont se mettre en place pour les aider dans ce périple. Arrivés sur place, les nouveaux venus s’intègrent dans des quartiers surnommés les «Petits Canada », où la langue française et la religion catholique sont maîtres.
our un francophone né hors Québec, il est aussi possible de ressentir une frontière culturelle au sein même du Canada. À partir des années 1960, alors que le Québec entame sa Révolution tranquille, le concept identitaire du Canadien français éclate. Une pluralité d’identités va apparaître: Québécois, Franco-Ontariens, Franco-Manitobains, Fransaskois, Franco-Albertains, Franco-Colombiens, Franco-Yukonais, Franco-Ténois. La caricature du journal Le Droit de Daniel McKale, publiée à la fin des années 1970, dévoile bien les frontières culturelles et identitaires qui existent au Canada et qui sont encore d’actualité.
Être autochtone au Canada
Dans l’histoire canadienne, les Premières Nations sont sans contredit le groupe qui demeure le moins documenté. Dans ces cultures où prime la tradition orale, peu de sources écrites ont subsisté pour renseigner les chercheurs sur leur passé. Malgré cela, bien des documents, produits par des missionnaires, des voyageurs ou des scientifiques, discourent sur leur mode de vie, leur histoire et leur développement. Il s’agit toutefois de sources extérieures, étrangères aux communautés autochtones, qui ont longtemps eu des visées colonisatrices ou assimilatrices. Pour étudier les Premières Nations, il est essentiel de garder à l’esprit que le regard d’autrui est souvent voilé ou biaisé par des perceptions et des jugements, voire par des préjugés, qui embellissent ou déforment la réalité.
