Frontière politique: des fonctionnaires canadiens à l'étranger
Chaque jour, des milliers de fonctionnaires québécois et ontariens traversent la rivière des Outaouais pour se rendre dans les édifices fédéraux, à Ottawa ou à Hull. Avec une touche de sarcasme, l’écrivain Jules Tremblay les prend d’ailleurs comme sujets dans son poème « Les bonzes », rédigé au début du XXe siècle. S’ils se concentrent dans la région de la capitale nationale, plusieurs d’entre eux ont aussi franchi les frontières nationales pour rejoindre les ambassades canadiennes, implantées outre-mer depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, le Canada souhaite contribuer à l’édification et au maintien du nouvel ordre mondial.
Cuba devient ainsi le premier pays des Antilles où le Canada établit une mission diplomatique. L’écrivain et historien Émile Vaillancourt est choisi pour occuper le premier poste de ministre d’état du Canada à Cuba. De 1945 à 1946, Georgette Lamoureux, une jeune ottavienne de 35 ans, est secrétaire et agente d’information à la légation canadienne à La Havane. Sa correspondance et ses journaux de voyage éclairent la vie quotidienne d’une fonctionnaire canadienne en terre étrangère.
Le Canada dispose également de représentants en Europe comme en Afrique. Le journaliste de renom Fulgence Charpentier est ainsi nommé conseiller culturel à l’ambassade du Canada à Paris, de 1948 à 1953, avant de devenir chargé d’affaires en Uruguay, au Brésil et en Haïti. En 1962, il devient le premier ambassadeur du Canada en Afrique francophone. Grâce à lui, le Canada tisse ses premiers liens diplomatiques avec ce continent.
